Retour sur la Journée Mondiale des Troubles Bipolaires 2017 – Compte-rendu

Cette journée fut un franc succès. Nous souhaitons d’abord dire Merci à tous les participants venus nombreux (nous avons comptabilisé environ 100 personnes sur la journée) et nous tenons également à remercier les professionnels venus animer ces débats.
Cela nous encourage dans notre activité et nous conforte dans l’idée que les personnes bipolaires et leur entourage ont besoin de soutien.
Les troubles bipolaires comme la plupart des maladies psychiatriques, sont un sujet encore tabou et méconnus dans notre société. Cette journée a donné la possibilité aux participants de poser des questions aux professionnels présents :

– Le Dr Bertrand DUCROCQ, psychiatre, a pu éclairer le public sur les sujets suivants : Les effets secondaires aux traitements : « Il faut évaluer le ratio bénéfices /risques des médicaments », Le sevrage aux somnifères et aux anxiolytiques, la durée d’un cycle de dépression (de 6 à 8 mois), l’importance de mettre en place des activités annexes tel que le sport : « L’activité physique est bonne à condition de ne pas tomber dans l’excès », la pratique de la sophrologie….

– Mme Valérie LEFEVRE, infirmière, est intervenue sur « L’éducation thérapeutique du patient ».12 % des patients hospitalisés dans leur service souffrent de troubles bipolaires, maladie chronique dans laquelle l’éducation thérapeutique du patient prend tout son sens. C’est dire le grand intérêt de cette professionnelle à venir évoquer ce sujet lors de cette journée.
L’éducation thérapeutique du patient ou psychoéducation est un concept récent (1998) qui concerne les patients souffrant de maladie chronique. C’est un ensemble d’activités, d’atelier de sensibilisation, d’informations, d’apprentissage et d’accompagnement qui concerne la maladie et le traitement prescrit. Elle vise à faire du patient un expert de sa maladie. Ses objectifs sont les suivants : connaître les troubles bipolaires et mieux connaître son propre trouble, accepter sa maladie, mieux repérer les signes avant-coureurs, prévenir les récidives et améliorer son hygiène de vie.
Depuis Septembre 2014, le service de psychiatrie de l’Hôpital Sainte-Blandine organise 2 sessions par an de 7 séances. La 6ème session vient d’être entamée.
Voici le descriptif des séances proposées : Ce sont des séances collectives (de 2h30 qui ont lieu tous les 15 jours et qui sont animées par les professionnels suivants : médecin, pharmacien, assistante sociale et infirmiers. Différents supports sont utilisés pendant les séances (documentaires, extrait de film, photolangage)
Ces séances sont un lieu d’échange pour les patients qui vont pouvoir confronter leurs expériences et rompre leur isolement. Les patients concernés par ces séances sont les patients dont le diagnostic de bipolarité est établi. Les patients ne doivent pas être dans la phase aigüe de la pathologie. Ils doivent être connus du service d’hospitalisation ou de la consultation. Un thème différent est abordé à chaque séance : La dépression symptômes et signes avant-coureurs, l’accès maniaque symptômes et signes avant-coureurs, la connaissance des facteurs d’une rechute, la gestion d’une rechute, l’hygiène de vie, l’atelier droit des patients, l’atelier diététique, la thérapeutique des troubles bipolaires, la séance avec les proches.

– Le Dr Sylvie BALTEAU, médecin généraliste et addictologue, est intervenue sur le thème « Addictions et bipolarité » et a abordé les points suivants : « Qu’est-ce qu’une substance psycho-active ? », la classification des substances, les différents produits (héroïne, cannabis, cocaïne, alcool) et leurs effets. Les notions d’usage et de mésusage ont été évoquées. Le passage de l’usage simple à la dépendance peut se faire à l’insu du consommateur dans une fausse illusion d’autocontrôle. Concernant le diagnostic : il est difficile à établir chez les patients dépendants en raison notamment du chevauchement de symptômes. L’alcool, la cocaïne et les amphétamines induisent chez les consommateurs une excitation psychomotrice, une désinhibition et de la logorrhée que l’on retrouve dans la phase maniaque des troubles bipolaires. On note par ailleurs de la dépression et des comportements suicidaires dans les suites de consommation.
Il faut donc faire attention aux diagnostics trop rapides. Le sevrage et l’abstinence longue peuvent permettre de faire la part des choses.
Il faut également souligner l’importance du travail en partenariat avec entre autres : les médecins traitants, les CMP et les structures hospitalières…. Cela permet une prise en charge adaptée du patient.

– Mme Laurence HUNTZINGER, infirmière, actuellement en stage à l’Association PADEM, est venue parler de son expérience dans l’accompagnement des personnes addicts.
Le CSAPA « Les Wads » assure l’accueil et l’accompagnement des personnes rencontrant des difficultés liées à des conduites addictives. Le centre peut également aider la famille et l’entourage des personnes concernées.
Les entretiens socioéducatifs et les consultations médicales, psychologiques sont gratuits. Pour assurer sa mission, le CSAPA dispose d’une équipe pluridisciplinaire composée d’éducateurs spécialisés, d’une assistante sociale, de psychologues, de médecins addictologues, d’infirmiers…
Au cours des différents entretiens la situation du patient est évaluée afin de répondre au mieux à sa demande et afin de concevoir un projet de soin et /ou d’insertion. Il faut toujours avoir à l’esprit le travail avec les partenaires sur qui l’équipe peut s’appuyer pour accompagner le patient.
Le CSAPA dispose de services spécifiques pour répondre à la demande des usagers :

  • La thérapie Familiale. Ces entretiens familiaux permettent aux participants de parler de leurs incompréhensions, de leurs doutes, et de leurs craintes.
  • Des outils de réduction des risques (distribution de matériel de prévention et de réduction des risques, récupération de matériel usagé, distributions de préservatifs, aide aux soins dentaires, aide aux soins vétérinaires)
  • Les hébergements thérapeutiques : Le Centre Thérapeutique Résidentiel de Foville, le réseau d’accueil en famille, les appartements thérapeutiques relais.
  • La consultation Jeune consommateur. Cet accueil est destiné à des personnes de moins de 25 ans consommateurs de substances psycho-actives licites ou illicites, des addictions sans produit (jeux,….) L’entourage est également accueilli avec/ sans le jeune.
  • Nous espérons que cet article vous renseignera sur le contenu de cette journée et saura vous éclairer si vous n’avez pas pu y assister. Si vous avez des questions plus précises, n’hésitez pas à nous solliciter par téléphone ou par mail. Nous répondrons à vos questions.
    Au vu de son succès, nous espérons réitérer l’expérience l’an prochain.